Imawari

Imawari
Une histoire d'amour sur fond de décadence de l'humanité, horreur nocturne dans un monde où tout n'est qu'illusion, voilà ce que je vais vous présenter dans ce blog. Chaque mois je rajouterai la suite de cette histoire. J'espère grandement qu'elle vous plaiera.
Aussi, j'espère qu'une amie acceptera de l'illustrer, ms pour l'instant ce blog sera vierge de tout dessin.
Et dites moi ce que vous en pensez!
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# Posté le vendredi 02 novembre 2007 12:23

Modifié le samedi 03 novembre 2007 08:19

Proglogue

Cette après-midi là d'épais nuages, toit de ce qu'il reste de notre monde, s'étalaient au-dessus de Tokyo, comme tous les après-midi. Le Protecteur, soleil factice au dessus de la ville, veillait inlassablement sur nous, survivants de la plus grande tragédie humaine. Depuis l'année 2105, la capitale japonaise était à la tête de ce fragment du monde qui nous reste, mais ce n'étaient plus les hommes qui dirigeaient et réglaient leur propre existence, c'étaient eux, là-haut dans leur imposant bâtiment, siège du pouvoir et symbole d'espoir. Cela faisait deux siècles que nous vivions sous leur surveillance, par leurs aides et leur bienveillance. Notre monde parraisait renaître grâce a ces êtres venus de l'autre bout de la galaxie. Ils étaient nos Gardiens, nous étions leurs jouets.
Cette après-midi même un vieil homme traînait ses pas sous ce faux soleil bleûté, se frayant un chemin à travers cette population qui ne le voyait pas, qui ne s'apercevait pas de sa misère et de son épuisement. Ce pantin du Ciel n'était plus qu'un amas de chair vide de tout espoir, plongeant peu à peu dans les ténèbres du métro. Il est désormais arrivé sur le quai, lieu lugubre éclairé par une faible lumière, dans ce sous-terrain où règne l'obscurité et une chaleur humide. Les gens se croisaient sans se parler, se frôlaient en s'ignorant. Depuis la fin de la Dernière Guerre, les hommes étaient retombés dans un quotidien semblable à celui des siècles passés, mais chacun avait en mémoire ce que l'humanité avait vécu. Heureusement étaient-ils arrivés, envoyés du ciel, libérateurs de la Mort et protecteurs des années à venir, eux qui trônaient dans notre ciel, nous observant et organisant notre vie. Mais la misère qui nous avait touché était bien trop grande.
Lui attendait l'arrivée du prochain métro; il connaissait exactement sa destination maintenant. Il avait longtemps était perdu. Pas une seconde l'idée que quelqu'un l'observait n'aurait pu lui venir à l'esprit. Le vieil homme fixait de son regard vide droit devant lui, imperturbable et immobile. Le métro arrivait enfin, il l'entendait qui s'approchait rapidement dans un grondement sourd. Il n'entendait plus que ce grondement, tout autour de lui n'avait plus d'importance, parce que le métro approchait. Le visage de sa fille, magnifique fille, se dessina dans son esprit alors qu'il se laissait tomber sur les rails. Il entendait le grondement qui se faisait de plus en plus fort et étourdissant, un cri puis plus rien.
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# Posté le vendredi 02 novembre 2007 13:29

Modifié le dimanche 04 novembre 2007 14:20

L'Amour et le Crâne

L'amour est assis sur le crâne
De l'Humanité,
Et sur ce trône le profane,
Au rire effronté,

Souffle gaiement des bulles rondes
Qui montent dans l'air,
Comme pour rejoindre les mondes
Au fond de l'éther.

Le globe lumineux et frêle
Prend un grand essor,
Crève et crache son âme grêle
Comme un songe d'or.

J'entends le crâne à chaque bulle
Prier et gémir:
"Ce jeu es féroce et ridicule,
Quand doit-il finir?

Car ce que ta bouche cruelle
Eparpille en l'air,
Monstre assassin, c'est ma cervelle,
Mon sang et ma chair!"

Charles baudelaire
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# Posté le vendredi 02 novembre 2007 13:52

Modifié le samedi 03 novembre 2007 09:10

Chapitre I

Il se leva de son banc et s'avança vers la rame de métro qui était maintenant arrêtée, se frayant un chemin entre les curieux et les choqués. L'air dans ces sous-terrain est humide et lourd, la chaleur était telle que l'on étouffait dans cette foule préssée sur le quai. Il arriva à la hauteur de la rame, fit le tour du wagon arrière et descendit sur la voie. Là, l'air était encore plus humide et une odeur de chair brûlée vint s'ajouter à la chaleur reignante. Il s'avança encore le long des rails, calme et sourd aux appels d'un Icon qui lui demandait de retourner sur le quai. Plus il s'approchait du cadavre, plus cela sentait le cramé, mais il s'en foutait, lui ne sentait rien.
- Arrêtez-vous! Je ne le répetterai pas. Vous vous retournez et vous levez les mains!
L'Icon avait sortit sont arme de service, un de ces nouveaux pistolet-mitrailleurs desservis aux Forces de Rétablissement et de Sécurité, plus connus sous les initiales FRS. L'homme au menteau noir s'arrêta alors. Il était à peine visible dans ce noir humide et pourissant, mais lorsqu'il se retourna vers la foule et l'Icon armé, ses yeux transpercèrent l'obscurité de deux points bleus vifs et brillants. L'icon sursauta mais rangea immédiatement son arme, jetant successivement des regards à la foule derrière lui et à l'homme au manteau noir.
- Ah, désolé. Je... je ne savais pas que vous étiez....
L'homme ne l'écouta pas terminer sa phrase et continua son chemin. Ses yeux ne brillaient plus. Une autre rame le croisa en sens inverse à toute allure, frôlant le pan de son manteau qui vola derrière lui, mais il ne réagit nullement. Il était alors arrivé à la hauteur de cette chair calcinée qui était autrefois un humain répondant au nom de James Soki, père de famille de 45 ans. C'était écrit dans le porte-feuille qu'explore l'homme de ses yeux bleutés, accroupi au-dessus du corps sans vie. Des photographies, des cartes, quelques pièces... une adresse dans le quartier des Forges. L'homme se releva alors, glissant le porte-feuille dans la poche de son manteau, et retourna sur ses pas.
Sous le Protecteur, la nuit ne tombait jamais. Il devait être 23h passées lorsque Den arriva à l'appartement que louait anciennement James Soki. Den s'était lui, l'homme au grand manteau noir. Le quartier des Forges se trouvaient à l'autre bout de la ville, mais Den ne prit pas le métro, ne prit pas de taxi pour s'y rendre. Il marcha alors toute l'après-midi avant de se retrouvait devant la porte du vieil homme qui venait de rendre l'âme, quelques heures plus tôt. La porte n'était pas fermée à clé. Un homme qui sort pour aller trouver la Mort ne prend pas le temps de fermer la porte de son appartement. Le temps n'avait plus aucuen importance aux yeux de James Soki. Le passé l'avait déjà tué.
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# Posté le vendredi 02 novembre 2007 16:27

Modifié le samedi 03 novembre 2007 09:09